Pension de Réversion 2026 : Conditions, Montant, Demande
7/22/2026
7/22/2026
Un décès, et le budget du foyer se coupe en deux. La retraite de l'un s'arrête net ; les charges, elles, continuent de tomber. C'est là qu'intervient la pension de réversion : une fraction de la retraite du défunt qui revient au conjoint survivant.
Sauf que ce droit n'a rien d'automatique. Il faut le demander soi-même. Et le fameux « 54 % » que tout le monde répète ne dit pas grand-chose de ce qui atterrira vraiment sur le compte, une fois les prélèvements passés.
On va reprendre tout ça dans l'ordre. Qui a droit à la réversion, ce qu'elle rapporte en 2026 (en brut, mais surtout en net), comment la demander sans perdre de mois, et ce que la réforme en discussion risque de changer. Avec les chiffres de l'année et les angles morts que les tableaux officiels laissent de côté.
Trois questions pour situer votre cas. Ça ne remplace pas une estimation officielle, mais ça donne le bon point de départ.
Première mauvaise surprise, et elle tombe souvent trop tard : la réversion se fonde sur le mariage, pas sur la vie commune. Un couple, aussi soudé soit-il, ne suffit pas. Il faut l'acte de mariage.
Trois conditions se cumulent dans le régime général. Le mariage, d'abord. Il faut avoir été l'époux ou l'épouse du défunt, et là, la durée de l'union ne pèse presque rien : un seul jour de mariage ouvre déjà le droit. Vient l'âge, ensuite : 55 ans au minimum, pour la base comme pour la complémentaire. Et les ressources. C'est la condition qu'on oublie le plus, celle qui fait basculer bien des dossiers : la part de base n'est versée que si les revenus du survivant restent sous un plafond, revu chaque année.
La fonction publique fait bande à part. Là, ni condition d'âge, ni plafond de ressources. Le conjoint survivant d'un fonctionnaire peut toucher sa réversion à 40 ans comme à 70.
Voilà le point que les guides expédient en une ligne, et qui bouleverse pourtant des situations entières. Un partenaire de Pacs ne touche aucune réversion. Un concubin non plus. Même après vingt ou trente ans de vie commune, même avec des enfants, même avec un compte joint et une maison achetée ensemble.
La loi ne reconnaît, pour la réversion, que le lien du mariage.
Un couple pacsé depuis quinze ans est, aux yeux des caisses de retraite, deux personnes sans droit l'une sur l'autre. C'est brutal à écrire, mais mieux vaut le savoir avant qu'après. Pour un partenaire non marié, la protection passe forcément par d'autres chemins, on y revient plus bas.
Le chiffre que tout le monde connaît, c'est 54 %. Dans le régime général, la réversion vaut 54 % de la retraite que le défunt percevait, ou qu'il aurait touchée s'il n'était pas encore parti à la retraite.
Ce pourcentage vient avec deux garde-fous. Un plancher : dès lors que le défunt a cotisé au moins quinze ans (soixante trimestres) au régime général, la pension de réversion de base ne peut descendre en dessous d'environ 335 € par mois en 2026. Un plafond, aussi, autour de 1 081 € mensuels pour cette même part de base. Entre les deux, tout dépend de la carrière du disparu.
Et le plafond de ressources, lui, a bougé au 1er janvier. Pour toucher la part de base, les revenus du survivant ne doivent pas dépasser à peu près 25 000 € par an s'il vit seul, environ 40 000 € s'il s'est remis en couple. Au-delà, la caisse rabote, parfois jusqu'à suspendre le versement.
Voici ce que le chiffre magique cache. Un salarié du privé a cotisé à deux étages : la retraite de base (la Cnav) et la complémentaire (l'Agirc-Arrco). Sa veuve ou son veuf touche donc 54 % sur le premier étage, et 60 % sur le second. Sans condition de ressources pour la complémentaire, en prime.
Prenons un cas. Jacques, retraité du privé, touchait 1 800 € de retraite de base et 700 € d'Agirc-Arrco par mois. À son décès, sa femme de 68 ans, dont les revenus restent sous le plafond, peut demander 54 % de la base (972 €) plus 60 % de la complémentaire (420 €). On arrive à près de 1 400 € brut par mois. Loin des 54 % secs qu'on imaginait au départ.
| Régime du défunt | Taux de réversion | Condition de ressources | Âge minimum du survivant |
|---|---|---|---|
| Régime général (base, Cnav) | 54 % | Oui, plafond annuel | 55 ans |
| Complémentaire Agirc-Arrco (privé) | 60 % | Non | 55 ans, perdue en cas de remariage |
| Fonction publique | 50 % | Non | Aucun |
Deux majorations valent le coup d'œil. Passé 67 ans, la réversion de base peut grimper d'environ 11 %, sous conditions de ressources. Et le survivant qui a élevé au moins trois enfants touche 10 % en plus. Ces bonus ne s'ajoutent pas toujours tout seuls. Un conseil : vérifiez votre décompte.
Personne ne vit avec du brut. Et la réversion, comme n'importe quelle retraite, se fait grignoter avant d'arriver sur le compte.
D'abord l'impôt. La pension de réversion entre dans le revenu imposable du survivant, au même titre que sa propre retraite. Ensuite les prélèvements sociaux. La CSG peut monter jusqu'à 8,3 %, à quoi s'ajoutent 0,5 % de CRDS et 0,3 % de CASA. Sur une pension de 1 000 € brut, ça peut représenter une quarantaine d'euros par mois qui s'évaporent, parfois davantage.
Le détail qui étonne : ce taux de CSG ne se calcule pas sur les revenus du défunt, mais sur le revenu fiscal de référence du foyer du survivant. Une veuve aux revenus modestes peut donc être totalement exonérée de CSG, quand une autre, mieux lotie, paiera le taux plein sur la même réversion. Tout se joue sur sa feuille d'impôts à elle.
Les chiffres de cette page valent pour 2026. Ils bougent chaque année. Prenez-les comme des repères, pas comme votre montant gravé dans le marbre. Ce que vous toucherez vraiment dépend du régime du défunt et, surtout, de vos revenus à vous. Le seul chiffre qui compte, c'est celui de votre dossier : faites l'estimation sur votre compte info-retraite.fr avant de vous lancer.
Le réflexe à avoir tout de suite : rien ne se déclenche sans vous. Aucune caisse ne vous écrira pour vous proposer la réversion. Le dossier, c'est à vous de le lancer.
Bonne nouvelle, la démarche s'est simplifiée. Une seule demande en ligne, sur info-retraite.fr, et tous les régimes du défunt sont saisis d'un coup, sans avoir à écrire à chaque caisse séparément. Restent les pièces à réunir. Rien d'exotique : l'acte de décès et le livret de famille, un justificatif de vos ressources avec un relevé bancaire. Ensuite, on suit l'avancement depuis son espace personnel.
Déposez votre demande dans les douze mois qui suivent le décès. C'est la fenêtre à ne pas rater. Dans ce délai, la pension remonte au premier jour du mois d'après le décès, rétroactivité comprise. Après ? Plus de rattrapage : elle ne démarre qu'au mois suivant votre dépôt. Un an de retard, et ce sont plusieurs mensualités perdues, pour de bon.
Côté délai de traitement, comptez à peu près quatre mois pour la part du régime général une fois le dossier complet. Ce n'est pas immédiat, d'où l'intérêt de ne pas traîner.
| Organisme | Ce qu'il gère | Où le joindre |
|---|---|---|
| Info-retraite.fr | La demande unique de réversion, tous régimes réunis | info-retraite.fr, espace personnel |
| L'Assurance retraite (Cnav) | La réversion de base des salariés du privé | lassuranceretraite.fr |
| Agirc-Arrco | La réversion de la complémentaire du privé | agirc-arrco.fr |
| Service des retraites de l'État | La réversion des fonctionnaires | retraitesdeletat.gouv.fr |
| Service-public.fr | La fiche officielle et la liste des pièces | service-public.fr |
La réversion n'est qu'une démarche parmi la pile qui attend le conjoint survivant. Pour ne rien oublier du reste, ce guide des démarches à accomplir après un décès remet les priorités dans l'ordre.
« On a divorcé, donc j'ai tout perdu. » C'est la phrase qu'on entend le plus, et elle est fausse pour le régime de base.
Le divorce n'efface pas le droit à réversion. Un ex-conjoint garde sa part, qu'il se soit remarié ou non. Et quand le défunt a été marié plusieurs fois, la réversion de base ne va pas en entier au dernier conjoint : elle se répartit entre tous les ayants droit, au prorata de la durée de chaque mariage.
Un exemple rend la mécanique limpide. Le défunt a vécu douze ans avec une première épouse, puis trente ans avec la seconde. Sa réversion de base tourne, disons, autour de 600 € par mois. Elle ne va pas en entier à la dernière épouse. On répartit sur quarante-deux années de mariage cumulées : 600 × 30/42 pour la seconde, soit à peu près 429 € ; 600 × 12/42 pour la première, environ 171 €. Chacune sa part, calée sur le temps passé marié.
Côté complémentaire, la règle change. À l'Agirc-Arrco, un ex-conjoint qui se remarie perd son droit à réversion, pour de bon. Le régime de base reste plus souple là-dessus : le remariage n'y change rien.
Difficile d'ouvrir un journal sans tomber sur un titre alarmant à ce sujet. Faisons le tri, parce que tout n'est pas logé à la même enseigne.
Ce qui s'applique vraiment en 2026, c'est une revalorisation. Au 1er janvier, le minimum de pension a été relevé de 0,9 %, dans le sillage des retraites de base, et les plafonds de ressources d'un peu plus de 1 %. Rien de spectaculaire, mais des seuils un peu plus hauts, donc un peu plus de survivants éligibles. Ça, c'est acté.
Le reste relève encore du débat. Le Conseil d'orientation des retraites a publié en novembre 2025 un rapport qui explore plusieurs pistes. Les deux qui reviennent le plus : un taux unique pour tous les régimes, et l'ouverture possible aux couples pacsés. Le rapport évoque aussi un calcul fondé sur les revenus du couple. Mais tout ça reste au stade de la réflexion. Rien n'est voté, aucune date n'est fixée. Un rapport n'est pas une loi, et tant qu'un texte n'est pas adopté, ce sont les règles décrites plus haut qui s'appliquent.
Récapitulons froidement. La réversion ne couvre qu'une part de la retraite du défunt. Elle exclut les partenaires non mariés. Et son montant net dépend d'un plafond et de la fiscalité du survivant. Autant dire qu'elle ne remplace pas, à elle seule, un vrai filet de sécurité pour le conjoint qui reste.
Heureusement, d'autres outils prennent le relais, à condition de s'y prendre de son vivant. Il y a l'assurance-vie, qui laisse un capital à son conjoint ou à son partenaire en dehors des règles de la réversion. La donation entre époux joue dans le même sens. Et comme le survivant hérite selon des règles bien à lui, un détour par ce que le conjoint survivant reçoit vraiment dans la succession aide à voir le tableau complet, au-delà de la seule pension.
La pension de réversion se mérite d'un geste : la demande. Sans elle, rien ne tombe. C'est un droit réservé aux couples mariés, plafonné sur sa part de base, et qu'il faut toujours lire en net. Pour un salarié du privé, elle se joue sur deux étages. Pour un partenaire pacsé, elle n'existe pas du tout.
Reste le vrai enseignement, et il vaut bien avant le décès : ce que la réversion ne couvre pas, on peut le préparer autrement. Une assurance-vie avec la bonne clause bénéficiaire, une donation entre époux : voilà déjà de quoi combler une partie des trous. Le reste ? Des volontés écrites, et des documents que le conjoint retrouvera sans fouiller. Anticiper aujourd'hui, c'est offrir un peu de terrain ferme à celui qui restera.